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Le calvaire des migraineux

La vie du migraineux se transforme souvent en calvaireDouleurs terrassantes, qualité de vie altérée pendant les crises, détérioration de l’état général avec le temps et incompréhension de l’entourage, la migraine est un fardeau très lourd à porter.

Un orage dans la tête, des douleurs insupportables qui imposent l’isolement et le repos, les migraineux décrivent tous la même violence intérieure dont ils sont victimes lorsque la crise surgit.

En plus de la douleur aigüe, il y a la fréquence. Pour les trois-quarts des migraineux, les crises surviennent de une à quatre fois par mois et s’étalent sur deux à trois jours.

Durant cette période de crise, hors de la vie courante, 90% des migraineux souffrent d’intolérance aux bruits et la lumière, 75% doivent s’allonger, 75% évitent tout contact avec autrui car ils deviennent irritables à 77% et excédés par la présence des autres à 67%.

Il n’est alors plus possible que de s’isoler dans le noir et le silence en attendant que l’orage cesse.

Fréquence et intensité des crises - Enquête Framig2 2001

C’est malheureusement la cas de nombreaux migraineux non diagnostiqués et pas ou mal pris en charge. La succession de traitements infructueux, le découragement, le fatalisme poussent à l’automédication et à l’aggravation des crises.

Une qualité de vie radicalement altérée

La répétition de douleurs terrassantes va avoir un impact considérable sur ce qui est maintenant un critère en soi pour estimer l’ampleur d’une maladie : la qualité de vie.

Craignant de ne pas être prise au sérieux, les migraineux hésitent à raconter combien leur maladie leur gâche la vie. Certains ont des crises qui apparaissent dès qu’ils sortent des conditions de vie habituelles : écart alimentaire, voyage, soirée, espace enfumé, bruyant…

La peur de ces facteurs déclenchants aléatoires va les conduire à limiter leurs champs d’activité au minimum en évitant les sorties et en refusant les invitations. Cette limitation progressive des activités sociales, culturelles, sportives, conduits pour certains à l’isolement total et au repli sur soi.

En terme général de qualité de vie, 50% des migraineux se trouvent irritables, 57% évitent de sortir dans des endroits enfumés, 50% évitent le soleil et 70% vivent dans l’angoisse permanente de l’arrivée d’une crise.

Isolement, angoisse, douleurs sont, en plus, souvent associés chez le migraineux avec l’anxiété et la dépression. Plus fréquemment que chez les non-migraineux. Et, pour compléter ce tableau, les migraineux souffriraient plus souvent que d’autres de crises de panique.

Mal compris par leur entourage

Les non-migraineux comprennent mal l’ampleur du mal-être d’un migraineux en crise. Et c’est toujours avec perplexité ou pire, railleries, que les migraineux sont accueillis alors que la crise vient subitement de s’arrêter et que tout redevient normal.

C’est cette grande différence entre l’état du migraineux en crise et son état normal – hors crise - qui a longtemps valu, et même maintenant encore, des termes péjoratifs comme : simulation, maladie diplomatique, maladie imaginaire, maladie “de bonne femme”, ou psychologique (!) pour désigner la migraine.

Ces clichés qui ont la peau dure conduisent les migraineux à se replier toujours plus sur eux-même et à abandonner toute tentative d’explication de leur état à leurs proches, familles, employeurs.